Histoire de la photographie d'art de nu : 160 artistes qui ont réinventé le corps à travers l'image

Toute histoire de la photographie de nu est aussi une histoire du pouvoir : qui avait le droit de regarder, qui devait être regardé, qui contrôlait le négatif, et quels corps les institutions acceptaient de qualifier d’art. Depuis l’invention de l’appareil photo, le corps dénudé a servi de preuve anatomique, de fantasme intime, d’expérience formelle, d’arme politique, d’appât commercial, de journal intime et de déclaration de propriété sur sa propre image. Cet article retrace cette évolution depuis les années 1840 jusqu’à nos jours, à travers les mouvements qui ont transformé le genre et une liste chronologique de 160 photographes et artistes qui l’ont élargi, bouleversé, commercialisé, politisé ou réinventé.

J'écris ces lignes en tant que photographe et formateur basé à Berlin qui enseigne l'histoire et la pratique de la photographie d'art de nu. Les noms ci-dessous ne sont pas pour moi de lointaines pièces de musée ; leurs questions restées sans réponse refont surface dans l’atelier chaque fois qu’un modèle et un photographe décident de la signification à donner au corps.

Ma position est claire : Le nu n'est jamais neutre. Même le torse le plus abstrait véhicule des a priori sur la beauté, le genre, la classe sociale, l'origine ethnique, l'âge, le désir et l'autorisation. Les bonnes photographies n'échappent pas à ces pressions. Elles les rendent visibles.

L'ombre du peintre : les premiers pionniers et le nu académique (1840-1910)

Les histoire de la photographie de nu Tout commence au milieu du XIXe siècle, dans le cadre d’une fiction commode : les photographies de modèles nus étaient censées constituer des supports techniques destinés aux peintres, plutôt que des images autonomes. Eugène Durieu (1800-1874), Félix-Jacques Moulin (1802-1875), Gaudenzio Marconi (1841-1885) et d’autres ont réalisé académies, des études soigneusement mises en scène, commercialisées par le biais d’un circuit parisien réglementé. L’appareil photo permettait de rendre les détails anatomiques avec plus d’efficacité qu’une séance de pose en direct, mais il créait également quelque chose que la peinture pouvait éviter : la preuve tenace qu’une personne réelle s’était tenue nue devant une machine.

La photographie n’a pas inventé le nu. Elle a mis en lumière le double standard de l’art. Une Vénus peinte pouvait être exposée dans un salon respectable, tandis qu’une photographie reprenant la même pose pouvait être saisie pour obscénité, car le spectateur ne pouvait plus prétendre que ce corps n’appartenait qu’à la mythologie. Le scandale ne venait pas de la nudité en soi, mais de la proximité de la photographie avec une rencontre réelle.

Bruno Braquehais (1823-1875) illustre parfaitement cette tension. La pose formelle du modèle, la colonne, le drapé et le profil maîtrisé empruntent le langage de l’Antiquité pour encadrer le réalisme de l’objectif. L’image tente d’évoquer l“” Académie “ avant même que le spectateur n’ait le temps de penser au ” désir ».”

Étude de nu de l'époque de l'albumine, dans une pose classique formelle, avec drapé et colonne d'atelier — Bruno Braquehais

Bruno Braquehais

À la fin du siècle, des pictorialistes tels que Fred Holland Day (1864-1933) ont eu recours au flou artistique, à des techniques d’impression maîtrisées et à des mises en scène historiques pour faire de la photographie un art à part entière. Anne Brigman (1869–1950) a franchi une étape plus radicale : elle a photographié son propre corps nu dans la Sierra Nevada, transformant ainsi la femme dans le cadre, qui n’était plus un simple modèle académique engagé, en autrice de l’image. Il faudra attendre la majeure partie du siècle suivant pour que ce passage du statut d’objet à celui d’autrice soit pleinement reconnu. Cette période fait l’objet d’une analyse plus approfondie dans l'histoire des tout premiers pionniers de la photographie de nu.

Briser les codes : la révolution moderniste (1920-1960)

Le modernisme a cessé de se demander si la photographie pouvait imiter l’art « respectable » pour s’interroger sur ce que seul un appareil photo pouvait réaliser. Le recadrage, la solarisation, les points de vue inhabituels, la netteté extrême, les expositions multiples et la distorsion optique ont décomposé le corps pour en faire une nouvelle grammaire visuelle. Man Ray (1890–1976) a donné à la peau un aspect métallique et instable. Bill Brandt (1904–1983) utilisait des objectifs grand angle pour transformer les pièces, les membres et les rivages en une architecture continue. Edward Weston (1886–1958) a poussé la chair vers la sculpture sans pour autant la vider de son sang.

Imogen Cunningham (1883-1976) a joué un rôle central dans cette évolution. Ses photographies isolent des dos, des bras, des torses et des silhouettes de femmes enceintes jusqu’à ce que l’anatomie se transforme en géométrie, sans que le corps ne perde pour autant son poids physique. La grande réussite du nu moderniste ne réside pas uniquement dans l’abstraction. Il a prouvé que l’abstraction pouvait intensifier l’incarnation plutôt que de l’effacer.

Étude de nu moderniste en noir et blanc, réduite à des plans courbes et à une lumière directionnelle douce — Imogen Cunningham

Imogen Cunningham

Lorsque j’enseigne l’abstraction, je ne commence pas par demander aux photographes de masquer le visage ou de recadrer au hasard. Je leur demande de déterminer ce que le corps est en train de devenir : architecture, rythme, pression, paysage ou champ de lumière. Une fois que cette orientation est claire, le recadrage devient un choix conceptuel plutôt qu’un simple effet. On retrouve cette même transformation dans Le guide complet du nu moderniste.

Le regard commercial : mode, glamour et révolution (années 1950-1970)

Les magazines grand public ont révolutionné le nu tout autant que n'importe quel manifeste d'avant-garde. Vogue, Harper’s Bazaar, Playboy, les campagnes publicitaires pour les parfums, les pochettes de disques et les livres de mode ont permis aux photographes de toucher un large public, de bénéficier de budgets de production importants et de se voir confier une nouvelle mission : faire naître le désir. Le nu est ainsi passé du portfolio privé et des galeries spécialisées à la culture commerciale, où la provocation pouvait être vendue comme un signe de sophistication.

Helmut Newton (1920–2004) a fusionné haute couture, voyeurisme, domination et luxe dans des photographies qui donnent encore aujourd’hui l’impression d’être des indices provenant d’une scène de crime huppée. Richard Avedon (1923–2004) a adopté une approche très différente, dépouillant le studio pour ne laisser place qu’à l’espace blanc et à la confrontation. Sam Haskins (1926–2009) a introduit dans ce genre le montage graphique, l’esprit et le livre de photographie. Son Cowboy Kate et autres histoires a démontré qu'une série de nus pouvait se comporter comme du cinéma sur papier.

Nu graphique aux contrastes marqués, dans une composition dynamique et cadrée de manière raccourcie, datant des années 1960 — Sam Haskins

Sam Haskins

Cette époque a conféré au glamour un pouvoir culturel considérable, mais elle a également normalisé la jeunesse, la minceur, la blancheur de peau et la disponibilité féminine en tant que capital visuel. Ses photographies peuvent être à la fois séduisantes et politiquement contestables. Cette contradiction ne justifie pas pour autant de réduire cette œuvre à un simple verdict moral. C’est précisément pour cette raison qu’elle mérite encore d’être débattue.

Le corps politique : identité, censure et le nu contemporain (des années 1970 à nos jours)

À partir des années 1970, le corps est devenu un véritable champ de bataille. Les artistes féministes, les photographes queer, les artistes de couleur, les artistes en situation de handicap, les auteurs d’autoportraits et les auteurs de journaux intimes ont remis en cause le consensus traditionnel selon lequel le nu existait avant tout pour un spectateur détaché. La question n’était plus “ Ce corps est-il beau ? ”, mais “ Qui en contrôle le sens, et qui se sent menacé lorsqu’il vous regarde en retour ? ”

Robert Mapplethorpe (1946–1989) est devenu une figure emblématique des guerres culturelles américaines. L’annulation de son exposition à la Corcoran Gallery en 1989 et le procès pour obscénité intenté en 1990 contre le Contemporary Arts Center de Cincinnati ont transformé de simples photographies en noir et blanc en un débat national sur la sexualité, le financement public et la censure. L’accusation a échoué, mais ce conflit a révélé à quelle vitesse les institutions renoncent à leur neutralité esthétique lorsque des corps queer revendiquent une dimension monumentale.

Un nu en noir et blanc, composé selon une symétrie classique et dégageant une présence physique immédiate — Robert Mapplethorpe

Robert Mapplethorpe

Nan Goldin (1953–) a donné à l’intimité un caractère intime et instable. Sally Mann (1951–) a fait de la famille, de la mortalité et du regard maternel des sujets de controverse publique. Rotimi Fani-Kayode, Laura Aguilar, Zanele Muholi, Sunil Gupta et bien d’autres ont rendu impossible de traiter la race, la queeritude, la migration, l’obésité, le handicap et l’autoreprésentation comme des chapitres secondaires. Le nu contemporain ne se résume pas à un seul style. Il marque l’effondrement de l’ancienne structure des permissions. La séquence politique est examinée dans l'histoire de la photographie de nu depuis 1970.

La révolution numérique : accès, manipulation et censure sur les plateformes

La photographie numérique et Internet ont réduit les coûts de production et de diffusion, permettant ainsi aux artistes de contourner les magazines, les éditeurs et les galeries. Cette liberté était bien réelle, mais incomplète. Les gardiens n’ont pas disparu ; ils se sont transformés en plateformes, en algorithmes, en prestataires de paiement et en systèmes de modération opaques. La photographie de nu peut désormais toucher un public mondial en quelques minutes et en être effacée tout aussi rapidement.

David LaChapelle (1963–) a eu recours à la composition numérique, aux couleurs saturées, aux célébrités, à l’iconographie religieuse et au spectacle de consommation pour construire des univers théâtraux qui n’auraient pas pu exister sous forme de scènes documentaires. Son œuvre considère l’artificialité comme un sujet à part entière plutôt que comme un défaut.

Un tableau théâtral riche en contrastes, mêlant spectacle pop, références religieuses et mise en scène numérique — David LaChapelle

David LaChapelle

Nobuyoshi Araki (1940–) incarne une autre voie au sein de la culture visuelle moderne : prolifique, intimiste, à caractère personnel et perpétuellement controversé. Son style, proche du cliché instantané, I-Photographie mêle le sexe, le deuil, la vie familiale, l'asservissement, les fleurs et Tokyo en une seule et même autobiographie continue. Cette œuvre ne peut être dissociée des débats sur la misogynie et le pouvoir, et il ne faut pas qu'elle le soit. L'importance historique n'est pas synonyme d'innocence morale.

Photographie de nu brute, de style journal intime, avec flash direct et cadrage intime — Nobuyoshi Araki

Nobuyoshi Araki

Ateliers d'art de nu · Berlin et Istanbul

L'histoire prend tout son sens lorsqu'on peut la mettre à l'épreuve à travers l'objectif d'un appareil photo. Chaque édition de l'atelier s'articule autour d'un concept et d'une problématique visuelle ; la sexualité est délibérément reléguée au second plan, derrière le thème, la forme, la lumière et la collaboration entre le photographe et le modèle. L'objectif n'est pas d'imiter un nu célèbre, mais de comprendre le choix qui l'a rendu inévitable.

Consultez les dates des prochains ateliers   ou envoyez-nous un e-mail pour bénéficier d'un accès en avant-première →

L'appareil photo entre ses mains : les femmes réinventent le nu

Les femmes photographes ont fait bien plus qu’apporter un regard féminin à un genre existant. Elles ont transformé la dynamique même de ce genre. Imogen Cunningham a revendiqué la paternité formelle de ses œuvres ; Anne Brigman a placé son propre corps devant son objectif ; Diane Arbus a rejeté le glamour ; Francesca Woodman a fait de la disparition une forme d’autoportrait ; Cindy Sherman a révélé la féminité comme un scénario joué ; Sally Mann a inversé la direction traditionnelle de la vulnérabilité ; Zanele Muholi a transformé l’autoreprésentation en activisme visuel.

Le “ regard masculin ” reste pertinent parce qu’il désigne un système, et non parce que tous les hommes regardent de la même manière ou que toutes les femmes échappent automatiquement à l’objectivation. Ce qui a changé, c’est la question de l’auteur. Le corps représenté sur la photographie peut désormais être à la fois l’auteur, le collaborateur, le témoin et le critique de l’image, plutôt que son simple support muet. Ce renversement est développé dans l'histoire des femmes qui ont redéfini la photographie de nu.

Dans ma pratique en atelier, le modèle n’est jamais considéré comme une matière première en attente de l’idée d’un photographe. L’image se construit à travers la mise en scène, le refus, l’ajustement et la révision. Cela n’affaiblit en rien la paternité de l’œuvre. Au contraire, cela confère à la photographie une intelligence qui dépasse celle qu’une seule personne pourrait lui imposer.

L'avenir de la photographie d'art de nu : des corps réels ou imaginaires ?

L'IA générative, la production virtuelle, la capture volumétrique et les corps synthétiques transforment déjà la culture visuelle. Ils permettront de produire des images convaincantes de corps qui ne se sont jamais tenus devant un appareil photo et de rencontres qui n'ont jamais eu lieu. Cela ne rend pas pour autant la photographie physique obsolète. Cela rend au contraire plus visible encore ce qui la définit : une photographie d’un corps réel témoigne qu’il s’est passé quelque chose entre des personnes, la lumière, le temps et un lieu.

L'IA n'est pas forcément l'avenir de la photographie. C'est cette pression qui oblige la photographie à affirmer ses valeurs. Mon travail artistique repose sur des techniques physiques, réalisées directement à l’appareil photo, plutôt que sur la création d’images génératives, car les frictions comptent : le tissu oppose une résistance, les corps se fatiguent, la lumière fait défaut, le consentement évolue, les accidents prennent forme. Un corps synthétique peut être visuellement convaincant, mais il ne peut remplacer l’événement éthique et psychologique que représente le fait de photographier quelqu’un capable de répondre.

Figure post-humaine créée numériquement, fusionnant le corps nu et des surfaces technologiques

Le corps envisagé comme une interface post-humaine

Le prochain mouvement décisif ne sera peut-être pas du tout un style. Il pourrait s’agir d’un regain d’intérêt pour la provenance : qui a créé ce corps, qui a consenti à son utilisation, qu’est-ce qui a été physiquement photographié, qu’est-ce qui a été généré, et si le spectateur est invité à une rencontre ou s’il se voit simplement présenter une apparence plausible.

Comment lire un recueil regroupant 160 artistes

Aucune liste de photographes influents n’est aneutre. Les canons se construisent à travers les musées, les éditeurs, les marchés, les luttes contre la censure, l’accès aux modèles, la critique de mode et la répétition. Certains noms cités ci-dessous relèvent des beaux-arts ; d’autres sont entrés dans l’histoire par le biais de la mode, de l’érotisme, du documentaire, de l’édition, du scandale ou de leur influence technique. Le fait d’être inclus témoigne d’un impact. Cela ne constitue en aucun cas une approbation de chaque image, méthode de travail ou parcours personnel.

La version initiale de cet article annonçait 160 artistes, mais n'en comptait que 158. Anne Brigman et Zanele Muholi ont été ajoutées, car une histoire qui exclut la nudité féminine mise en scène par les artistes elles-mêmes aux débuts du modernisme, ainsi que l'autoreprésentation des personnes noires queer à l'époque contemporaine, ne se contente pas de laisser un vide. Elle raconte une histoire erronée.

160 photographes et artistes pionniers de l'art du nu

1–40 · Les fondements, le pictorialisme et le modernisme

  1. Eugène Durieu (1800-1874)
  2. Félix-Jacques Moulin (1802-1875)
  3. Bruno Braquehais (1823-1875)
  4. Gaudenzio Marconi (1841-1885)
  5. Wilhelm von Gloeden (1856-1931)
  6. Fred Holland Day (1864-1933)
  7. Anne Brigman (1869-1950)
  8. Karl Blossfeldt (1865-1932)
  9. Vincenzo Galdi (1871-1961)
  10. Selma Genthe (1873-1950)
  11. Ernest J. Bellocq (1873-1949)
  12. Jean Agélou (1878-1921)
  13. Gerhard Riebicke (1878-1957)
  14. Magnus Weidemann (1880-1967)
  15. Friedrich Seidenstücker (1882-1966)
  16. Imogen Cunningham (1883-1976)
  17. Lotte Herrlich (1883-1956)
  18. Hermann Schieberth (1883-1948)
  19. Rudolf Koppitz (1884-1936)
  20. Edward Weston (1886-1958)
  21. Albert Arthur Allen (1886-1962)
  22. Man Ray (1890-1976)
  23. Florence Henri (1893-1982)
  24. Josef Breitenbach (1896-1984)
  25. Brassaï (1899-1984)
  26. Yva (1900-1942)
  27. Wynn Bullock (1902-1975)
  28. Herbert List (1903-1975)
  29. Bill Brandt (1904-1983)
  30. Ruth Bernhard (1905-2006)
  31. Horst P. Horst (1906-1999)
  32. Philippe Halsman (1906-1979)
  33. George Platt Lynes (1907-1955)
  34. André de Dienes (1913-1985)
  35. Konrad Helbig (1917-1986)
  36. Helmut Newton (1920-2004)
  37. Francesco Scavullo (1921-2004)
  38. Milton Greene (1922-1985)
  39. Diane Arbus (1923-1971)
  40. Richard Avedon (1923-2004)

41–80 · Les corps de l'après-guerre, la culture éditoriale et la contre-culture

  1. Herbert Tobias (1924-1982)
  2. Sam Haskins (1926-2009)
  3. Günter Rössler (1926-2012)
  4. Garry Winogrand (1928-1984)
  5. Guy Bourdin (1928-1991)
  6. Charlotte March (1929-2005)
  7. George Dureau (1930-2014)
  8. Bunny Yeager (1930-2014)
  9. Bob Guccione (1930-2010)
  10. Eikoh Hosoe (1933-2024)
  11. David Hamilton (1933-2016)
  12. Jeanloup Sieff (1933-2000)
  13. Douglas Kirkland (1934-2022)
  14. Lee Friedlander (1934-)
  15. Günter Gueffroy (1944-2015)
  16. Peter Hujar (1934-1987)
  17. Jan Saudek (1935-)
  18. Amos Badertscher (1936-)
  19. David Bailey (1938-)
  20. Joel-Peter Witkin (1939-)
  21. Ralph Gibson (1939-)
  22. Klaus Ender (1939-2021)
  23. Nobuyoshi Araki (1940-)
  24. Kishin Shinoyama (1940-2024)
  25. Ewald Hoinkis (1897-1960)
  26. Sarah Moon (1941-)
  27. Oliviero Toscani (1942-)
  28. Serge Lutens (1942-)
  29. Albert Watson (1942-)
  30. Peter Berlin (1942-)
  31. Dianora Niccolini (1942-)
  32. Larry Clark (1943-)
  33. Guy Le Baube (1944-)
  34. Sebastião Salgado (1944-2025)
  35. Robert Farber (1944-)
  36. Tamara Amhoff-Windeler (1945-2013)
  37. Eric Kroll (1946-)
  38. John Swannell (1946-)
  39. Bruce Weber (1946-)
  40. Robert Mapplethorpe (1946-1989)

81–120 · Identité, mode, performance et le nu élargi

  1. Suze Randall (1946-)
  2. Paolo Roversi (1947-)
  3. Dominique Isserman (1947-)
  4. James Nachtwey (1948-)
  5. Laurie Simmons (1949-)
  6. Lois Greenfield (1949-)
  7. Sally Mann (1951-)
  8. Alain Daussin (1951-)
  9. Herb Ritts (1952-2002)
  10. Nan Goldin (1953-)
  11. John Sexton (1953-)
  12. Michael Kenna (1953-)
  13. Klaus Mitteldorf (1953-)
  14. Cindy Sherman (1954-)
  15. Steven Meisel (1954-)
  16. Annie Sprinkle (1954-)
  17. Michael Thompson (1954-)
  18. David Armstrong (1954-2014)
  19. Richard Kern (1954-)
  20. Matthew Rolston (1955-)
  21. Andreas Gursky (1955-)
  22. Anton Corbijn (1955-)
  23. Sante D'Orazio (1956-)
  24. Gilles Berquet (1956-)
  25. Prabuddha Dasgupta (1956-2012)
  26. Marc Lagrange (1957-2015)
  27. Peter Klashorst (1957-2024)
  28. Ingo Taubhorn (1957-)
  29. Thomas Karsten (1958-)
  30. Francesca Woodman (1958-1981)
  31. Rineke Dijkstra (1959-)
  32. Dahmane (1959-)
  33. Tono Stano (1960-)
  34. Helene Schmitz (1960-)
  35. Gabriele Viertel (1960-)
  36. Peter Coulson (1961-)
  37. Vinoodh Matadin (1961-)
  38. Nadav Kander (1961-)
  39. Henning von Berg (1961-)
  40. Vince Lussa (1961-)

121–160 · Pratique contemporaine, mondiale et médiatisée par le numérique

  1. Michael Sonntag (1961-)
  2. Corinne Day (1962-2010)
  3. Gregory Crewdson (1962-)
  4. Bettina Rance (1962-)
  5. David LaChapelle (1963-)
  6. Inez van Lamsweerde (1963-)
  7. Marc Collins (1963-)
  8. Olaf Martens (1963-)
  9. Tom Munro (1964-)
  10. Juergen Teller (1964-)
  11. Dani Fehr (1964-)
  12. Andreas H. Bitesnich (1964-)
  13. Terry Richardson (1965-)
  14. Karl Vanselow (1965-)
  15. Jean-Baptiste Huynh (1966-)
  16. David Sims (1966-)
  17. Rankin (1966-)
  18. Sylvie Blum (1967-)
  19. Spencer Tunick (1967-)
  20. Jens Brüggemann (1967-)
  21. Jiří Růžek (1967-)
  22. Platon (1968-)
  23. Glen Luchford (1968-)
  24. Manfred Baumann (1968-)
  25. Dov Charney (1969-)
  26. Petter Hegre (1969-)
  27. Henrik Pfeifer (1972-)
  28. Zanele Muholi (1972-)
  29. Ron Kuhwede (1972-)
  30. Bjarne Jonasson (1973-)
  31. Astrid Susanna Schulz (1974-)
  32. Yu Tsai (1975-)
  33. Martin Rehm (1975-)
  34. Aneta Bartos (1977-)
  35. Juha Arvid Helminen (1977-)
  36. Oliver Rath (1978-2016)
  37. Niels van Roij (1979-)
  38. Adrian Hamilton (1980-)
  39. Kingdome 19 (1980-)
  40. Burak Bulut Yıldırım (1982-)

Questions que se posent les photographes

Qui a réalisé les premières photographies de nus ?

Il n'y a pas de premier auteur incontesté. Des daguerréotypes de nus et des études sur papier sont apparus peu après l'invention de la photographie, tandis que des personnalités telles qu'Eugène Durieu, Félix-Jacques Moulin, Bruno Braquehais et Gaudenzio Marconi ont fait du nu académique du XIXe siècle un domaine à part entière.

Pourquoi inclure des photographes controversés ou commerciaux ?

Car l'influence n'est pas synonyme de vertu. Les magazines de mode, l'édition érotique, les affaires de censure, les pratiques d'exploitation et l'esthétique commerciale ont toutes contribué à transformer la manière dont les corps étaient photographiés et diffusés. Écarter les figures dérangeantes reviendrait à établir une liste plus « propre » et à créer une histoire faussée.

Quels courants ont le plus influencé la photographie de nu ?

Le nu académique a établi la légitimité de l'appareil photo face au corps ; le modernisme a décomposé l'anatomie en formes ; la mode a industrialisé le désir ; les pratiques féministes et queer ont remis en cause la propriété du regard ; la diffusion numérique a mondialisé l'accès tout en créant de nouvelles formes de censure.

Comment puis-je étudier cette histoire par la pratique ?

Choisissez un problème historique plutôt que de reproduire une image historique : l'abstraction, la dissimulation, la confrontation, la séquence, l'autoportrait ou la politique du regard. Notre Ateliers d'art du nu à Berlin et à Istanbul construire chaque numéro autour d’un tel thème, en accordant la priorité au concept et à la collaboration plutôt qu’à la nudité en soi.


L'histoire présentée sur cette page reste d'actualité dans nos ateliers. Chaque édition s'articule autour d'un concept, et non d'un catalogue de poses séduisantes ; la sexualité vient en troisième ou quatrième position, après le thème, la composition de l'image et la collaboration entre le modèle et le photographe. Les ateliers s'adressent aux photographes qui souhaitent réaliser des œuvres personnelles plutôt que de collectionner des variations d'un même nu.

Sous la direction de Burak Bulut Yıldırım, photographe, artiste contemporain, commissaire d'exposition et formateur basé à Berlin, exerçant à titre professionnel depuis 2005 : plus de 14 ans d'ateliers d'art du nu, plus de 50 éditions, plus de 300 photographes participants, des expositions à Berlin, Zurich, Barcelone, Rome, Thessalonique et Heilbronn, et commissaire d'exposition de Nus d'Istanbul à la galerie Die Akt de Berlin en 2026, accompagnée d'un ouvrage relié publié par Mijuk Papers Berlin.

Consultez les dates des prochains ateliers   Envoyez-nous un e-mail pour être parmi les premiers à y accéder →

Portefeuille : burakbulut.org · Éditions limitées sur Saatchi Art et Artsper · Contact : hello@nudeartworkshops.com